Bâtiment et construction

Produits de construction et matériaux bio-sourcés

Publié le 3 septembre 2013
, mis a jour le 28 mars 2014

Matériaux de construction biosourcés




Les matériaux biosourcés sont, par définition, des matériaux issus de la biomasse d’origine végétale ou animale. Ils couvrent aujourd’hui une large gamme de produits et trouvent de multiples applications dans le domaine du bâtiment et de la construction, en tant que :
- isolants (laines de fibres végétales ou animales, de textile recyclé, ouate de cellulose, chènevotte, anas, bottes de paille, etc.),
- mortiers et bétons (béton de chanvre, de bois, de lin, etc.),
- panneaux (particules ou fibres végétales, paille compressée, etc.),
- matériaux composites plastiques (matrices, renforts, charges),
- ou encore dans la chimie du bâtiment (colles, adjuvants, peintures, etc.).




La filière des matériaux biosourcés a été identifiée, par le ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie, comme l’une des 18 filières vertes ayant un potentiel de développement économique élevé pour l’avenir, notamment en raison de son rôle pour diminuer notre consommation de matières premières d’origine fossile, limiter les émissions de gaz à effet de serre et créer de nouvelles filières économiques (cf « Les filières industrielles stratégiques de l’économie verte »).




En juin 2010, la direction de l’habitat, de l’urbanisme et des paysages (DHUP) a constitué un groupe de concertation avec les professionnels du bâtiment et des filières de matériaux de construction biosourcés pour d’une part comprendre les freins au développement de ces nouveaux matériaux, et d’autre part produire un plan de développement de ces filières économiques émergentes. Ces travaux ont fait l’objet d’un rapport d’étude et d’un plan d’actions national publiés en février 2011 (cf. rubrique « Publications »). Ce plan ne prend pas en compte le bois qui fait l’objet d’un plan dédié.




Les enjeux identifiés à l’issue de ce travail de concertation sont les suivants :

 1) Structurer la filière. Dans un contexte d’organisations professionnelles fortement structurées et puissantes, le déficit de structuration de la filière des matériaux biosourcés est patent : ce secteur a besoin d’une stratégie partagée par ses acteurs et de plus de visibilité pour dialoguer avec les autres acteurs de la construction, participer et faire entendre leur voix au sein d’instances décisionnelles. La DHUP a ainsi contribué, aux côtés de la région Bourgogne, à la création de l’association Constructions & Bioressources (C&B) qui fédère et représente l’ensemble des filières au niveau national. Par ailleurs, pour encourager la maîtrise d’ouvrage à utiliser des matériaux de construction biosourcés, la DHUP a mis en place le label « bâtiment biosourcé » (décret n° 2012-518 et arrêté d’application parus respectivement au journal officiel le 21 avril 2012 et le 19 décembre 2012).



  2) Industrialiser la filière. L’industrialisation de la filière sous-entend la capacité des professionnels à satisfaire les exigences techniques et économiques du marché. Il s’agit donc pour la filière des matériaux biosourcés d’activer les moteurs de l’industrialisation que sont en particulier l’évaluation et la certification (aptitude à l’usage, performances fonctionnelles et environnementales), la rédaction des règles professionnelles, et plus généralement une démarche de qualité totale.


 3) Professionnaliser la filière. Il s’agit pour la filière d’être en mesure d’acquérir, de coordonner, de transmettre et de diffuser ses savoirs et savoir-faire. Cela passe par une stratégie de capitalisation et de diffusion des connaissances sur les matériaux et leur mise en œuvre.


  4) Intensifier l’innovation de la filière. Cet enjeu consiste à réunir les conditions favorables à l’innovation, en s’appuyant notamment sur des connaissances scientifiques issues de programmes de R&D fondamentaux. Par exemple, le ministère cofinance l’opération de recherche « Matériaux biosourcés et naturels pour une construction durable », engagée par l’IFSTTAR, qui traite notamment du sujet de la durabilité des matériaux de construction biosourcés (bétons végétaux, composites renforcés avec des fibres naturelles).


 5) Territorialiser. En effet, la création d’emplois non-délocalisables, la valorisation des ressources d’un territoire et le partage des expériences sont des préoccupations auxquelles s’adressent les filières "courtes". L’organisation locale de la filière doit ainsi améliorer l’offre sur le territoire et son accessibilité. La DHUP a ainsi adressé aux préfets de région et à l’ensemble des services déconcentrés une circulaire en date du 31 décembre 2012 (http://circulaire.legifrance.gouv.fr/pdf/2013/01/cir_36293.pdf) qui expose la stratégie de territorialisation de la démarche filière verte engagée par le ministère. L’axe essentiel de cette stratégie repose sur l’action motrice des DREAL pour identifier et piloter un projet par région aux côtés des professionnels et des collectivités territoriales.




Le document intitulé 
« Les filières des matériaux de construction biosourcés : plan d’actions, avancées & perspectives  » – Novembre 2013 - et publié à l’initiative du Ministère de l’égalité des territoires et du logement, du Ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie, et de C&B, fait le point sur les actions menées depuis 2011 dans le cadre de ce plan..


Terre crue




Utilisée depuis des millénaires pour la construction, la terre crue retrouve aujourd’hui toute sa pertinence pour l’habitat contemporain : proximité de la matière première, savoir-faire et réhabilitation, sobriété énergétique et confort intérieur, etc. Ainsi, on assiste à une demande croissante pour utiliser la terre crue dans des opérations de réhabilitation et de constructions neuves. Il existe plusieurs techniques de construction utilisant la terre crue comme matériau structurel comme par exemple le pisé, la bauge, l’adobe, la brique de terre compressée, etc. D’autres techniques, utilisant la terre crue comme matériau de remplissage (souvent entre les éléments d’une ossature bois) : le torchis, la terre-paille, la terre-copeaux bois. Il est encore possible d’utiliser la terre crue en tant qu’enduit sur un support, en terre crue ou non.




La filière « terre crue » se caractérise par une forte dynamique régionale, basée sur des enjeux locaux très affirmés (patrimoine, savoir-faire, diversification d’activités, valorisation culturelle...). Malgré le dynamisme des différents réseaux d’acteurs, la réponse à cette demande est difficile du fait d’une reconnaissance limitée des techniques mises en œuvre de la part des professionnels du bâtiment, de freins réglementaires et assurantiels et du manque de praticiens compétents.




Consciente des enjeux liés à l’émergence de cette filière, la direction de l’habitat, de l’urbanisme et des paysages (DHUP) a constitué en avril 2012 un groupe de travail national en charge de réaliser le diagnostic et de proposer un plan d’actions.
Ces travaux, finalisés en avril 2013, ont fait l’objet d’une synthèse (cf. rubrique « Publications »). La production des textes de référence par les praticiens (recommandations techniques, codes de bonnes pratiques, règles de l’art, etc.) pour différentes techniques constructives terre crue a été identifiée comme une action prioritaire.

PUBLICATIONS



Plan d’actions « matériaux de construction biosourcés »


  • Bilan et synthèse


Les filières des matériaux de construction biosourcés : plan d’actions, avancées & perspectives - novembre 2013
Ce document, rédigé conjointement par C&B et la DHUP, présente les principales actions menées depuis 2010 par l’État et C&B aux côtés des professionnels pour identifier et lever les obstacles techniques, normatifs et réglementaires à l’utilisation des matériaux biosourcés dans la construction.


  • Action 1e « Conforter le réseau d’expertise : recenser les centres de ressources techniques »

Rapport compétences CETE biosourcés - Septembre 2012

A la demande de la DHUP, le CETE de Lyon a référencé les compétences et les moyens techniques présents dans les CETE en matière de matériaux biosourcés. Ce document est un préalable à la constitution d’un réseau Inter-CETE dédié à cette thématique.


  • Action 6a « Faire un état des lieux : recueillir les caractéristiques et procédures d’évaluation manquantes ou inadaptées de chacune des filières »


Rapport identification des freins normatifs et règlementaires à la prescription des matériaux biosourcés dans la construction - Septembre 2012


  • Action 9 « Systèmes constructifs non industrialisés (SCNI) »


Rapport analyse des caractéristiques des systèmes constructifs non industrialisés – Novembre 2011


  • Action 12 « Rédaction d’un document informatif des procédures d’évaluation ou certification des performances par produit et type d’usage »

Document informatif des procédures CSTB et annexes - Juillet 2013

Il s’agit d’un document informatif non opposable rédigé par le CSTB sur les procédures d’évaluation ou certification des performances par produit et type d’usage.


  • Action 15a « Faire un état des lieux des formations dans le bâtiment intégrant les modules éco-construction et utilisation des matériaux biosourcés »


Rapport Etat des lieux des formations faisant référence à des systèmes constructifs utilisant des matériaux biosourcés et/ou des matériaux utilisés dans les SCNI - Janvier 2013


Rapport préconisations d’actions pour développer les formations sur les matériaux biosourcés – Janvier 2013


  • Action 18c « Mise en place d’une enquête comparative sur les systèmes d’assurance-construction en Europe »


Rapport étude comparative assurance-construction EU


  • Action 19 « Réaliser une étude sur la concurrence des usages des terres »


Rapport sur la concurrence des usages des terres : « Etat des lieux » Ressources et besoins - Novembre 2012


  • Action 22 « Réaliser un état des lieux économique de la filière »

Rapport phase 1 secteur et filières production des matériaux et produits - Août 2012

Synthèse phase 1

Rapport phase 2 - Décembre 2012

Ce rapport présente les conclusions du groupe de travail mis en place par la DHUP afin d’identifier, aux côtés des différents acteurs impliqués dans le développement de la filière terre crue en France, les freins au développement de la construction en terre crue puis de définir un plan d’actions pour lever ces freins.


  • Action 24 « Réaliser une étude socio-économique sur les freins et leviers au développement économique des matériaux et produits de la construction »

Rapport actions obstacles et freins biosourcés - Mai 2011

Annexe 1_Tableau et fiches obstacles biosourcés - Novembre 2010

Annexe 2_Tableau et fiches Actions biosourcés - Février 2011

Annexe 3_Plan d’actions GT Matériaux Biosourcés - Mars 2011



Terre crue

Rapport obstacles au développement de la filière terre crue - Janvier 2013

Ce document, rédigé par l’association AsTerre, présente les conclusions du groupe de concertation initié par la DHUP avec les différents acteurs impliqués dans le développement de la filière terre crue en France. Dans la première partie du rapport, la méthode de travail et le déroulement du projet sont présentés. Dans la deuxième partie, les principaux freins identifiés par le groupe de travail sont recensés. Enfin, la dernière partie définit les actions prioritaires retenues par le groupe de travail.




Ressources documentaires

Rapport bibliographique - Propriétés hygroscopiques et comportement hygrothermique béton de chanvre - Juillet 2013


Ce document est une synthèse bibliographique sur les propriétés hygroscopiques et le comportement hygrothermique du béton de chanvre, menée par le CETE de l’Est dans le cadre de l’opération de recherche « Matériaux biosourcés et naturels pour une construction durable » pilotée par l’IFSTTAR. Cette étude est la première phase d’un travail de recherche sur la durabilité des propriétés mécaniques, thermiques et acoustiques de ce matériau et d’évaluation in situ de ses performances hygrothermiques.