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Bâtiment et construction

Produits de construction et matériaux bio-sourcés

Publié le 3 septembre 2013

Filière matériaux de construction "biosourcés"




Les matériaux biosourcés sont, par définition, des matériaux issus de la biomasse d’origine végétale ou animale. Ils couvrent aujourd’hui une large gamme de produits et trouvent de multiples applications dans le domaine du bâtiment et de la construction, en tant qu’isolants (laines de fibres végétales ou animales, de textile recyclé, ouate de cellulose, chènevotte, anas, bottes de paille, etc.), mortiers et bétons (béton de chanvre, de bois, de lin, etc.), panneaux (particules ou fibres végétales, paille compressée, etc.), matériaux composites plastiques (matrices, renforts, charges) ou encore dans la chimie du bâtiment (colles, adjuvants, peintures, etc.).

 

En mars 2010, la filière des matériaux biosourcés a été identifiée, par le Commissariat général au développement durable (CGDD), comme l’une des 18 filières vertes ayant un potentiel de développement économique élevé pour l’avenir, notamment en raison de son rôle pour diminuer notre consommation de matières premières d’origine fossile, limiter les émissions de gaz à effet de serre et créer de nouvelles filières économiques (cf. « Les filières industrielles stratégiques de l’économie verte" »). Plus récemment, la loi de transition énergétique pour la croissance verte, adoptée en dernière lecture par l’Assemblée Nationale le 22 juillet 2015, confirme l’intérêt de l’usage de ces matériaux pour des applications dans le secteur du bâtiment en précisant dans son article 5 que « l’utilisation des matériaux biosourcés concourt significativement au stockage de carbone atmosphérique et à la préservation des ressources naturelles. Elle est encouragée par les pouvoirs publics lors de la construction ou de la rénovation des bâtiments ».


Les ministères de l’écologie et du logement (Direction de l’habitat de l’urbanisme et des paysages - DHUP) accompagnent ainsi depuis 2010 la structuration et le développement des filières de matériaux biosourcés, dans un objectif de réduction de l’empreinte environnementale des bâtiments et de revitalisation des territoires par la création de valeur ajoutée et d’emplois non-délocalisables..





En juin 2010, la DHUP a engagé des travaux de concertation avec les professionnels du bâtiment et des filières de matériaux de construction biosourcés pour identifier les freins au développement des filières et les actions collectives à mettre en place. Ces travaux ont fait l’objet d’un rapport d’étude et d’un plan d’actions national publiés en février 2011 (cf. rubrique « Publications »). Ce plan comporte près d’une trentaine d’actions structurées autour de 5 enjeux :


1) Structurer la filière, c’est-à-dire fédérer les filières, les doter d’un outil qui porte au niveau national une stratégie collective et défende leurs intérêts dans les instances décisionnelles et de normalisation.


2) Industrialiser la filière, qui sous-entend la capacité des professionnels à satisfaire les exigences techniques et économiques du marché. Il s’agit donc pour la filière d’activer les moteurs de l’industrialisation que sont en particulier l’évaluation et la certification (aptitude à l’usage, performances fonctionnelles et environnementales), la rédaction des règles professionnelles, et plus généralement une démarche de qualité totale.


3) Professionnaliser la filière. Il s’agit pour la filière d’être en mesure d’acquérir, de coordonner, de transmettre et de diffuser ses savoirs et savoir-faire. Cela passe par une stratégie de capitalisation et de diffusion des connaissances sur les matériaux et leur mise en œuvre.


4) Intensifier l’innovation de la filière. Cela consiste à réunir les conditions favorables à l’innovation, en s’appuyant notamment sur des connaissances scientifiques issues de programmes de R&D.


5) Territorialiser, en s’appuyant en particulier sur les compétences des DREAL pour identifier et piloter des projets de filières structurants.



Le document intitulé « Les filières des matériaux de construction biosourcés : plan d’actions, avancées & perspectives  » – Novembre 2013 - publié à l’initiative du Ministère de l’égalité des territoires et du logement, du Ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie, et de C&B, fait le point sur les actions menées depuis 2011 dans le cadre de ce plan.


En mars 2014, 4 groupes de travail ont été mis en place :


1. Le groupe de travail « formation » qui identifie, met en œuvre et assure le suivi d’actions collectives visant à améliorer le niveau de connaissance de l’ensemble des acteurs de la construction (artisans, architectes, maîtres d’ouvrage, …) sur les matériaux de construction biosourcés. Parmi les actions en cours, on peut citer :

  • la mise en place d’un concours « bâtiment biosourcés » à destination des étudiants en école d’architecture,
  • la création d’un laboratoire collaboratif d’innovation pédagogique en éco-construction,
  • la réalisation d’une valise pédagogique,
  • la rédaction d’un guide sur l’approche chantiers dans la formation,
  • le déploiement au niveau national d’une formation visant à former et à constituer un réseau d’ambassadeurs de la construction biosourcée,
  • etc.


2. Le groupe d’échanges « acteurs de la construction » qui émet des propositions et des recommandations sur les démarches (collectives et individuelles) mises en place par les professionnels pour garantir la qualité des produits et de leur mise en œuvre auprès des acteurs de la construction. Le groupe rassemble aujourd’hui la CAPEB, la FFB, les représentants des filières de matériaux de construction biosourcés (C&B, Asiv, RFCP, CenC), la FFSA, la COPREC, le CSTB, l’AMB, l’AQC, les DREAL, des industriels et des maîtres d’ouvrage.


3. La communauté scientifique des biosourcés pour la construction créée dans le but d’animer, faire vivre et faciliter les échanges entre laboratoires et autres structures actives sur le sujet. 


4. Le groupe de travail « sécurité incendie » qui identifie, met en œuvre et assure le suivi d’actions collectives permettant de démontrer la capacité des solutions biosourcés à répondre aux exigences de la sécurité incendie.


Un document faisant la synthèse des travaux menés depuis 2014 est en cours de préparation.

 

PUBLICATIONS

  • Bilan et synthèse


Les filières des matériaux de construction biosourcés : plan d’actions, avancées & perspectives - novembre 2013
Ce document, rédigé conjointement par C&B et la DHUP, présente les principales actions menées depuis 2010 par l’État et C&B aux côtés des professionnels pour identifier et lever les obstacles techniques, normatifs et réglementaires à l’utilisation des matériaux biosourcés dans la construction.

 

  • Action 1e « Conforter le réseau d’expertise : recenser les centres de ressources techniques »


Rapport compétences CETE biosourcés - Septembre 2012

 

  • Action 6a « Faire un état des lieux : recueillir les caractéristiques et procédures d’évaluation manquantes ou inadaptées de chacune des filières »


Rapport identification des freins normatifs et règlementaires à la prescription des matériaux biosourcés dans la construction - Septembre 2012

 

  • Action 9 « Systèmes constructifs non industrialisés (SCNI) »


Rapport analyse des caractéristiques des systèmes constructifs non industrialisés – Novembre 2011


  • Action 10 « Mettre en place une procédure d’évaluation et de validation du savoir-faire pour les matériaux biosourcés non industrialisés »


Rapport mise en place, pilotage et animation du GT action 10

 

  • Action 12 « Rédaction d’un document informatif des procédures d’évaluation ou certification des performances par produit et type d’usage »


Document informatif des procédures CSTB et annexes - Juillet 2013


  • Action 15a « Faire un état des lieux des formations dans le bâtiment intégrant les modules éco-construction et utilisation des matériaux biosourcés »


Rapport Etat des lieux des formations faisant référence à des systèmes constructifs utilisant des matériaux biosourcés et/ou des matériaux utilisés dans les SCNI - Janvier 2013



Rapport préconisations d’actions pour développer les formations sur les matériaux biosourcés – Janvier 2013

 

  • Action 18c « Mise en place d’une enquête comparative sur les systèmes d’assurance-construction en Europe »


Rapport étude comparative assurance-construction EU

 

  • Action 19 « Réaliser une étude sur la concurrence des usages des terres »


Rapport du projet TERRACREA sur la concurrence des usages des terres - Août 2014


Synthèse du rapport du projet TERRACREA - Septembre 2014

 

  • Action 22 « Réaliser un état des lieux économique de la filière »




Rapport phase 1 secteur et filières production des matériaux et produits - Août 2012



Synthèse phase 1



Rapport phase 2 - Décembre 2012

 

  • Action 24 « Réaliser une étude socio-économique sur les freins et leviers au développement économique des matériaux et produits de la construction »


Rapport actions obstacles et freins biosourcés - Mai 2011


Annexe 1_Tableau et fiches obstacles biosourcés - Novembre 2010


Annexe 2_Tableau et fiches Actions biosourcés - Février 2011


Annexe 3_Plan d’actions GT Matériaux Biosourcés - Mars 2011

 

  • Action 27 « Comportement hygrothermique des matériaux de construction biosourcés »


Rapport d’état des lieux des connaissances actuelles sur le fonctionnement hygrothermique des matériaux biosourcés – Décembre 2012



Filière "Terre crue"


Utilisée depuis des millénaires pour la construction, la terre crue retrouve aujourd’hui toute sa pertinence pour l’habitat contemporain : proximité de la matière première, savoir-faire et réhabilitation, sobriété énergétique et confort intérieur, etc. Il existe plusieurs techniques de construction utilisant la terre crue comme matériau structurel telles que le pisé, la bauge, l’adobe, la brique de terre compressée, etc. D’autres techniques, utilisant la terre crue comme matériau de remplissage (souvent entre les éléments d’une ossature bois) : le torchis,la terre-paille, la terre-copeaux bois. Il est encore possible d’utiliser la terre crue en tant qu’enduit sur un support, en terre crue ou non.


La filière « terre crue » se caractérise par une forte dynamique régionale, basée sur des enjeux locaux très affirmés (patrimoine, savoir-faire, diversification d’activités, valorisation culturelle...). Malgré le dynamisme des différents réseaux d’acteurs, la réponse à cette demande est difficile du fait d’une reconnaissance limitée des techniques mises en œuvre de la part des professionnels du bâtiment, de freins réglementaires et assurantiels et du manque de praticiens compétents.


Consciente des enjeux liés à l’émergence de cette filière, la DHUP a constitué en avril 2012 un groupe de travail national en charge de réaliser le diagnostic et de proposer un plan d’actions. Ces travaux, finalisés en avril 2013, ont fait l’objet d’une synthèse (Rapport obstacles au développement de la filière terre crue - Janvier 2013).




La production de guides de bonnes pratiques par les praticiens (recommandations techniques, codes de bonnes pratiques, règles de l’art, etc.) pour différentes techniques constructives terre crue a été identifiée comme une action prioritaire. Ces travaux ont commencé début 2015.



 

Filière "Pierre sèche"
 


La construction en pierres sèches est une technique constructive qui consiste à assembler des pierres sans aucun mortier ni liant pour réaliser un ouvrage (mur, voutement, etc.). Elle présente de multiples intérêts notamment en termes de valeur patrimoniale, de prévention des risques naturels d’inondation et de préservation de la biodiversité. Par ailleurs, la construction en pierre sèche peut, dans une logique de circuits courts, contribuer à la réduction de l’empreinte environnementale du bâti.


La DHUP accompagne depuis 2012 la Fédération Française des Professionnels de la Pierre Sèche (FFPPS) dont les missions sont de :

  • Structurer et animer un réseau de praticiens de la pierre sèche,
  • Porter la parole des professionnels,
  • Contribuer au développement de la formation et de l’emploi autour de la pierre sèche.

 

PUBLICATIONS


Etude de marché national de la pierre sèche (juin 2014)