Politique de la ville

Qu’est-ce que la politique de la ville ?

Publié le 19 novembre 2013
, mis a jour le 14 février 2014

La politique de la ville désigne la politique mise en place par les pouvoirs publics afin de revaloriser les zones urbaines en difficulté et de réduire les inégalités entre les territoires.
Si ses objectifs sont restés les mêmes depuis les années 80, des dispositifs différents ont en revanche été mis en place au fil du temps : leur coexistence rend la politique de la ville peu lisible, et dans certains cas peu efficace. D’où la nécessité de réformer.

UN PARTENARIAT ENTRE L’ETAT ET LES COLLECTIVITES TERRITORIALES POUR Revaloriser les territoires en difficulté

De nombreux quartiers en France cumulent les difficultés : chômage élevé, habitat dégradé, taux de pauvreté supérieur à la moyenne nationale. La politique de la ville, née au début des années 1980, a pour ambition de réduire ces inégalités sociales et les écarts de développement entre les territoires.

Par une approche globale, elle s’attache à intervenir dans tous les domaines de la vie quotidienne : logement, urbanisme, éducation, culture, santé, justice, sécurité...

Par définition ancrée dans un territoire, la politique de la ville s’est appuyée depuis sa naissance sur un partenariat fort entre l’Etat, les collectivités locales et leurs partenaires (bailleurs sociaux, milieux économiques, CAF, associations...). 

DE NOMBREUX DISPOSITIFS DE ZONAGE

La politique de la ville repose sur une géographie prioritaire, c’est-à-dire sur l’identification de quartiers particulièrement fragiles sur lesquels elle concentre ses moyens.

Les zones urbaines sensibles (ou ZUS) sont au nombre de 751 fin 2013. Elles ont été mises en place par la loi du 4 février 1995 d’orientation pour l’aménagement et le développement du territoire. Parmi les ZUS on distingue les zones de redynamisation urbaine (ZRU) et les zones franches urbaines (ZFU). Les ZRU et les ZFU bénéficient d’aides spécifiques sous forme d’exonérations fiscales et sociales.

Les zones urbaines sensibles constituent un sous-ensemble de l’ensemble plus large des 2 500 quartiers prioritaires objet des contrats urbains de cohésion sociale (CUCS) qui ont succédé aux contrats de ville pour la période 2007-2013.

Ces dernières années le nombre de quartiers prioritaires s’est accru et les dispositifs se sont juxtaposé, rendant peu lisible la politique de la ville et éparpillant les moyens.

Vers une nouvelle étape de la politique de la ville

La réforme lancée par François Lamy permettra de concentrer les moyens vers les territoires qui en ont le plus besoin et d’arrêter la dispersion en resserrant la géographie prioritaire. Par ailleurs, la nature même des contrats passés entre l’Etat et les collectivités territoriales va changer. Alors qu’auparavant les interventions étaient cloisonnées (rénovation urbaine, actions sociales…), les nouveaux contrats de ville seront des contrats globaux à l’échelle d’un quartier, qui devront prendre en compte le bâti, mais aussi le développement économique et l’action sociale, pour passer de la notion de contrat avec des programmes ciblés à un véritable projet de territoire. Enfin, les habitants seront plus associés aux décisions concernant leur quartier et participeront directement à l’élaboration et à la mise en œuvre des futurs contrats de ville.

Vous avez dit "quartiers sensibles" ?

Les quartiers que l’on appelle communément sensibles, en difficulté, prioritaires…. ont des caractéristiques communes : ce sont souvent des quartiers issus de la construction des grands ensembles des années 60, avec une concentration d’habitat social, souvent à l’extérieur des villes. L’environnement est marqué par des habitations qui ont vieilli, un manque d’équipements publics et de présence des services publics.
En 2013, 8 millions de personnes y habitent, cumulant les difficultés.
Ainsi, le taux de pauvreté dans les ZUS est près de trois fois plus élevé que dans les autres territoires ; le taux de chômage y est près de deux fois et demi supérieur ; leurs habitants se déclarent en moins bonne santé et rencontrent plus souvent des difficultés dans l’accès aux soins ; les élèves issus des collèges de ces quartiers restent plus souvent que les autres orientés vers des filières courtes.